mercredi 11 août 2010

Crimes et châtiments sous l’ère élisabéthaine – Angleterre

(1558 – 1603)

Quand Elizabeth I hérita du trône en 1558, elle hérita aussi du système judiciaire. Le fait d’enfermer quelqu’un pour un crime qu’il avait commit était une idée relativement nouvelle pour l’époque et la plupart des prisons étaient utilisées seulement pour détenir les gens jusqu’à leur procès et leurs vraies peines. Les procès étaient tournés au profit des plaignants. Par exemple, les accusés des crimes ou trahison n’étaient pas autorisés à avoir un avocat. La justice était toujours rapide et souvent cruelle. Il suffisait souvent à ce que le prévenu soit accusé d’un crime pour qu’il soit torturé et les chances pour qu’ils reçoivent un procès équitable étaient vraiment minces.

Dans les petites villes, la justice était rendue par le Juge de Paix. La plupart des crimes résultaient surtout d’actes désespérés venant de gens très pauvres. Chaque ville était responsable de la pauvreté et du manque d’emploi sur ses terres et le Juge de Paix était autorisé à collecter des taxes à ceux qui possédaient des terres dans les villages – taxes ayant pour but d’aider les pauvres. Elle était connue sous le nom de Poor Rate.

  • La noblesse :
L’Angleterre élisabéthaine était divisée en plusieurs classes la première étant la noblesse. Le châtiment variait en fonction de la classe à laquelle appartenait le prévenu. La noblesse était bien éduquée, en bonne santé et associée à la Royauté et aux hauts membres du clergé. Ils étaient souvent associés aux complots politiques et aux affaires de religion. La noblesse pouvait aussi être associée à des crimes qui leur étaient exclusivement réservés. Les crimes que l’ont retrouve le plus souvent liés à cette classe étaient :
-   La haute trahison.
-   Le blasphème.
-   La sédition c'est-à-dire la révolte.
-   L’espionnage.
-   La rébellion.
-   Le meurtre.
-   La sorcellerie.
-   L’alchimie.

Les nobles les plus riches échappaient à la torture mais ils étaient les seuls.

  • Les courtisans :
Pour eux, la torture était souvent utilisée en complément pour obtenir des aveux de crime. Les femmes n’y échappaient pas sous prétexte qu’elles étaient des femmes et les châtiments étaient plutôt violents pendant cette période. Les instruments utilisés pour la torture étaient les suivants : 
-   Le chevalet : il s’agissait d’une planche en bois où l’on installait la victime pour lui attacher les bras tendus vers le haut, et les pieds. Ces derniers étaient reliés à une roue qui, quand elle tournait, tirait sur les membres afin de l’écarteler.
-   Le « scavenger’s daughter » : il s’agissait d’une structure en ferraille en forme de A. Ont y attachait la victime à trois endroits différents : le cou, les poignets et les cheville, elle était alors condamné à rester dans cette position et ne pouvait plus bouger. Le sang affluait ensuite vers le nez et les oreilles du fait de la compression. Le principe est donc totalement opposé a celui du chevalet.
-   La vierge de fer : il s’agit d’une structure un peu en forme de sarcophage garnit de pointes qui, quand le couvercle se referme, s’enfoncent lentement dans le corps de la victime. Cependant les piques n’étaient pas placés à tous les endroits et perçaient seulement la poitrine, les mollets et les cuisses afin que la victime ne meure pas tout de suite et agonise pendant plusieurs heures.
-   Le marquage au fer et autres instruments destinés à procurer une intense douleur.

La vie durant cette période à été chroniquée par un homme du nom de William Harrison et c’est grâce à lui que l’on possède de nombreux détails sur les crimes et les châtiments allant avec. La punition la plus affreuse était certainement celle bien nommée hung, drawn and quartered (pendu, trainé jusqu’à la potence et coupé en quatre) qu’il décrit comme suit :

« Le plus grand et plus douloureux châtiment utilisé en Angleterre pour une offense contre l’État est l’extraction de la prison avec une claie jusqu’à la place de l’exécution, où ils étaient pendus jusqu’à ce qu’ils soient à moitié mort, puis ils étaient descendus de la potence et découpés en quatre alors qu’ils étaient encore vivants ; après cela leurs membres et leurs tripes étaient coupés de leurs corps puis lancés au feu […] ».

Les autres peines incluant la mort pouvaient être le bucher ou la décapitation. La bucher était utilisé surtout pendant le règne de Bloody Mary la sœur ainée d’Elizabeth. Certains bourreaux avaient pitiés des victimes et plaçaient de la poudre à la base du bucher ce qui aidait les victimes à mourir plus rapidement et moins douloureusement.

Le châtiment de la mort du coupage de la tête avec une hache pouvait être une incroyable délivrance. Mais à première vue seulement car il fallait souvent s’y reprendre à plusieurs fois avant que la tête ne se détache effectivement du corps. Les exécutions se faisaient en public et la tête était ensuite élevée dans les airs afin que tout le monde en soit témoin. Pour les traitres, le châtiment continuait même après la mort puisqu’on plaçait leurs têtes sur des piquets et on les dispersait dans les lieux publics comme par exemple sur le London Bridge. 
-
  • Les roturiers :
Concernant les roturiers, les châtiments les plus utilisés étaient :
-   La pendaison qui avait le plus souvent lieu en public.
-   Le bucher qui avait aussi souvent lieu en public.
-   Le pilorie : il s’agit d’une structure en bois ou en métal avec des trous pour y passer la tête et les mains, forçant ainsi la victime à rester dans une position des plus inconfortables. La peine était publique et l’on plaçait souvent la victime sur une petite plateforme afin qu’il soit vu de tout le monde.
-   La flagellation.
-   Le marquage au fer rouge.
-  La peine forte et dure : il s’agit d’une peine qui consiste en l’écrasement de certains membres sous des poids. On l’utilisait contre les gens qui refusaient de plaider (coupable ou non). Ainsi on plaçait des pierres de plus en plus grosses sur la poitrine jusqu’à ce que la victime accepte de plaider. Mais la plupart du temps, le poids des pierres provoquait un étouffement ce qui tuait le malheureux.
-   Le ducking stools : il s’agit d’un tabouret en bois sur laquelle ont asseyait la victime. Puis on attachait la victime avec une sangle avant de l’immerger dans l’eau. Généralement le tabouret était relié à un genre de grand bras en bois sur lequel les bourreaux appuyaient pour remonter la victime de l’eau.
-   L’immersion ; généralement réservé aux empoisonneurs, on immergeait ces derniers dans un liquide bouillant comme de l’eau ou de l’huile.
-   L’affamement en public.
-   Le coupage de certains membres de l’anatomie : main, oreille…
-   La muselière : utilisée uniquement sur les femmes, il s’agissait d’un genre de muselière ou d’une petite cage en fer que l’on plaçait sur la tête. Il y avait un genre de petite patte en fer qui pressait le dessus de la langue, cette patte pouvait être agrémentée de petits piques pour infliger un minimum de souffrance dans l’hypothèse ou la langue de la victime se remettrait en place.
-   Le « drunkard’s cloak » : littéralement « la cape de l’ivrogne », on plaçait la personne ivre dans un gros et lourd tonneau avec des trous pour les extrémités. La personne pouvait ensuite être poussée du haut d’une montagne.

Les crimes les plus fréquents étaient le vol, les pickpockets, la mendicité, le braconnage, l’adultère, l’endettement, la contrefaçon. Concernant le vol, il suffisait de voler n’importe quoi ayant une valeur supérieure à 5 pence pour être pendu. Ainsi à l’époque, le simple fait de voler des œufs était considérer comme un crime passible de mort. Concernant le braconnage, les peines variaient en fonction de si c’était fait le jour ou la nuit. Dans cette dernière hypothèse, le braconnier risquait la mort. Concernant la mendicité, les gouvernements Tudor et Élisabéthain en ont fait un crime. Les mendiants étaient battus jusqu’à ce qu’ils arrivent à atteindre les pierres qui servaient de limites à la commune. Ceux qui étaient attrapés à mendier alors même qu’ils avaient déjà subit la première peine étaient envoyés en prison et pouvaient même être pendus.

  • Le cas particulier des voyageurs et des acteurs :
Les gens ne voyageaient pas beaucoup à cette époque car cela pouvait être dangereux. Si l’on avait besoin de voyager à travers le pays, de l’argent et une licence que l’on obtenait auprès d’un bailli était nécessaire sans quoi, on se rendait coupable d’un crime. Cette loi avait pour but, d’une part de limiter la transmission des maladies d’un village à un autre (spécialement la peste), et d’autre part d’éviter que les pauvres et les clochards ne se baladent en dehors de son propre village. Les acteurs qui de part la nécessité de leur travail avaient besoin de travailler, étaient vu comme des hors la loi (au même titre que les colporteurs, les pèlerins et les soldats). On pensait même qu’ils transportaient la peste bubonique. Cependant, quand le théâtre devint populaire chez les riches et les nobles, il fut décrété que les licences seraient accordées pour légitimer certaines troupes. Cela éleva le statut des acteurs et fit baisser les accusations de crime qui leurs étaient faite à tort et à travers. Une licence était aussi nécessaire quand un groupe d’acteurs étaient en ville. Les étrangers quant-à-eux étaient traités avec suspicion et pouvaient être accusé de crime très facilement.

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