mardi 8 novembre 2011

La Grande Famine de 1845 – Irlande

Autres appellations : Great Hunger (la Grande Faim) et l’Irish Potato Famine (La famine irlandaises des pomme de terres).

Cette famine a – selon les historiens – marqué un tournant dans l’histoire du pays. En effet, bien que le manque de nourriture était fréquent en Irlande au dix-neuvième siècle, la Grande Famine de 1945 eu des conséquences sans précédent.

 Statues commémoratives érigées à Dublin - copyright


  • Les conditions de vie avant la famine ainsi que ses origines :
La population rurale était très importante en Irlande au dix-neuvième siècle et les pommes de terre étaient la principale source de nutrition pour les classes les plus pauvres. En effet, la pomme de terre poussait mieux que le blé sur les grands hectares et avait l’avantage de pouvoir être consommée rapidement. Beaucoup de fermiers avaient des animaux comme les cochons qui étaient faciles à nourrir avec les restes. Le reste de la récolte et les autres animaux étaient utilisé pour payer les loyers des terrains et non pas pour manger.

La pomme de terre devint rapidement l’aliment de base de tout le pays car elle poussait très bien grâce au climat. Un seul hectare pouvait nourrir une famille complète de cinq ou six personnes. En 1845, on estime qu’environ un tiers de la population était complètement dépendant de la pomme de terre et dans les régions les plus pauvres comme Mayo, il s’agissait de la seule nourriture consommée par environ 90% de la population.

Le Gouvernement avait mis en place une politique de « laissez-faire » qui consistait en ne pas intervenir dans le business du marché et de l’économie en général. Malheureusement la politique était déjà un désastre quand la famine commença ce qui n’arrangea pas la crise. Comme la nourriture devenait rare, les prix augmentèrent et c’est les populations les plus pauvres qui en pâtirent en premier.


Mais la pomme de terre n’avait pas que des avantages car même si elle poussait facilement, une récolte était très vulnérable à cause de toutes les potentielles maladies. En 1944, une nouvelle forme de maladie de la pomme de terre apparue aux États-Unis. Elle faisait de la bouillie avec les pommes de terre et les rendaient complètement immangeable. Cette maladie se propagea sur l’Ile de Wight en 1845 – année à laquelle l’été fut particulièrement humide ce qui rendait sa propagation encore plus facile.


  • Le déclenchement de la famine :
La population espérait une bonne récolte de pommes de terre pour l’année 1845 car le climat avait été particulièrement favorable. Mais le 11 Septembre, une maladie attaqua un champ de pomme de terre ce qui détruisit un tiers de toute la récolte et quand ils commencèrent la récolte, les villageois ne récoltèrent que de la bouillie. L’année d’après, toutes les cultures furent touchées. Voici ce qu’un prêtre de Galway reporta par écrit :

« Les pommes de terres sont partit, complètement partit. Si vous voyagez la nuit vous saurez où se trouvait les champs de pommes de terre par l’odeur. Les champs ne sont plus que des espaces où se trouvent des tiges noires flétries ».

Les conseils donnés aux agriculteurs qui eurent perdu leur récolte n’avaient ni queue ni tête. En effet, on leur conseilla de se procurer de l’acide chlorhydrique et du dioxyde de manganèse, d’y mélanger du sel et d’appliquer cette mixture sur la partie de la pomme de terre qui était malade. A l’époque même les fermiers avaient l’opportunité de se procurer de telles substances car ils avaient l’habitude d’utiliser du chlore pour empoisonner les troupes durant la 1ère Guerre Mondiale. Évidemment, cela n’avait aucune conséquence sur le traitement de la maladie.

Le Gouvernement qui se trouvait à Londres ne décida rien en disant que le pays avait déjà souffert de la famine due aux pommes de terre avant et que par conséquent, il avait l’habitude et les connaissances pour contrer la situation. Mais cette famine n’était pas comme les autres et cette année là l’on compta environ £3 500 000 de dégâts.

Un certain Sir Robert Peel – malgré l’opposition du Gouvernement – importa pour £100 000 de maïs en se disant que si ce dernier refaisait son apparition sur les étales des marchés irlandais, cela pouvait maintenir plus bas le prix des autres aliments. Cette technique fonctionna relativement bien pendant un petit moment, ce qui prouva l’incapacité du gouvernement londonien à prendre des décisions pour l’Irlande. Le maïs fut accueilli par la population comme un sauveur mais comme il n’y avait que quelque moulins dans le pays, il était très compliqué de le transformer en farine et de nombreuses personnes tombèrent malade à force d’essayer de le manger avant de l’avoir moulu. Il fut très vite appelé le « Souffre de Peel ».

Le Gouvernement essaya d’aider en mettant un œuvre des projets de construction de routes afin de créer du travail pour aider les familles à avoir de l’argent et ainsi pouvoir acheter de la nourriture. Il établit aussi des hôpitaux ad hoc pour les cas de fièvre les plus urgents pour les personnes n’ayant pas les moyens de se payer des frais médicaux. Cependant malgré toute cette bonne volonté, deux problèmes bloquaient encore le travail du Gouvernement :
-         Le point de vue de Londres était que les Irlandais n’avait pas fait suffisamment d’effort et que ce qui leur arrivait était purement de leur faute.
-         Le gouvernement encourageait aussi le libre commerce et arguait aussi que si les irlandais ne pouvaient pas survivre de la façon dont ils vivaient, c’est qu’il devait rester sur le bord de la route.
En plus de cela, la majorité des propriétaires de terrains en Irlande ne se souciaient guère de ce qui pouvait arriver à ceux qui travaillaient sur leur domaine. Ceux qui ne payaient pas leur loyer étaient renvoyés malgré les efforts du Gouvernement pour créer de l’emploi dans les zones rurales. Durant la famine, environ £1 000 000 de maïs et d’orge furent exportés de l’Irlande vers l’Angleterre, ainsi que des produits laitiers. Cela collait avec la vision du libre commerce car ceux qui pouvaient produire tous ces biens trouvait de meilleur acheteurs et de meilleurs prix en Angleterre qu’en Irlande. Le libre commerce faisait fuir les denrées du pays alors que ce dernier en avait désespérément besoin.


  • Les conséquences de la famine :
La famine emporta plus d’un million de personnes qui moururent de faim ou de maladie.

Elle changea aussi profondément la structure sociale et culturelle de l’Irlande. Le gaélique ne fut plus beaucoup parlé avec l’émigration de la population. De plus, les terrains sur lesquelles les fermes pouvaient être construites étaient désormais donnés à un fils de la famille, les autres n’ayant droit à rien n’avait d’autres choix que d’émigrer. On estime à un autre million le nombre de personne ayant due émigrer pendant ces années. La population de l’ile passa de 8 millions en 1845 à 6 millions en 1850. En 1900, plus de 4 millions de personnes avaient quitté l’Irlande et l’émigration continua jusqu’à la deuxième moitié du siècle.

Les millions de personnes qui quittèrent le pays prirent le bateau pour rejoindre les États-Unis ainsi que l’Écosse et l’Angleterre. Les Irlandais n’étaient pas bien accueillis dans ces régions car ils étaient perçus comme des voleurs d’emplois. A l’époque c’était les usines du continent qui employaient le plus de personnes. Les patrons de ces dernières étaient tout à fait pour le fait d’employer les irlandais plutôt que des anglais ou des écossais mais généralement, ceux qui se retrouvaient à travailler dans les villes industrielles comme Liverpool n’étaient pas du tout préparés à ce genre d’emploi puisqu’en Irlande il s’agissait plutôt d’emplois ruraux.

L’impacte politique de la famine fut quant à lui plus que positif. En effet, la population irlandaise commença à croire que le gouvernement de Londres fit le moins qu’il pouvait pour aider le pays et que les seuls capables d’aider le pays étaient eux même ce qui impulsa la rébellion pour le mouvement d’indépendance.

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